Lasclay, un succès pour Gabriel Gouveia-Fortin, diplômé du Cégep Limoilou

Gabriel Gouveia-Fortin, diplômé et aussi entraîneur adjoint de basketball pour les Titans du Cégep Limoilou, connaît un succès fulgurant grâce à ses produits (notamment des mitaines) isolés grâce à l’asclépiade, une plante à fleurs indigène du Québec. Ce projet longuement réfléchi a officiellement vu le jour au début de la pandémie avec le lancement de Lasclay, entreprise cofondée avec ses associés Philippe Langlois et Yan Poirier. 

Gabriel Gouveia-Fortin

Gabriel Gouveia-Fortin, diplômé et entraîneur adjoint de basketball pour les Titans du Cégep Limoilou

« La fibre a des propriétés isolantes supérieures au synthétique et similaires au duvet. L’asclépiade a aussi l’avantage d’être au cœur d’un écosystème biologique. Elle attire les monarques, une espèce en péril, et plein d’autres pollinisateurs. Plus elle sera cultivée, mieux la planète se portera », a expliqué Gabriel lors d’une entrevue avec Le Journal de Québec en décembre dernier. 

Déjà en 2016, Gabriel commençait à s’informer sur l’asclépiade et à faire différents tests. C’est d’ailleurs alors qu’il étudie en design de produits à l’Université Laval qu’il crée ses prototypes de mitaines isolées grâce à ce matériau, mais aussi qu’il rencontre Philippe Langlois, alors étudiant en design graphique et Yan Poirier, entrepreneur de longue date et étudiant en administration des affaires.

Les trois associés prendront finalement la décision de lancer leur entreprise alors que la pandémie nous met sur pause et qu’un engouement pour l’achat local se fait de plus en plus sentir. Une très bonne idée puisqu’en un mois à peine, l’aventure Lasclay connaît un succès fulgurant et force les partenaires à revoir nettement à la hausse leurs prévisions de production.

Aujourd’hui, l’entreprise propose des mitaines, un foulard, mais aussi une glacière isolée à l'asclépiade, nouveau produit qui sera distribué à l’été 2022. Une volonté de diversifier l’offre afin de la rendre plus pérenne anime d’ailleurs Gabriel, Philippe et Yan. Leur objectif final : fabriquer localement des produits 100 % isolés à l’asclépiade, performants et légers, de haute qualité et abordables, minimalistes et raffinés, mais aussi faire connaître l’asclépiade en tant qu’isolant local, éthique, haute performance et écoresponsable, tout en soutenant les agriculteurs québécois et la biodiversité de nos écosystèmes.

Félicitations, Gabriel, pour cet accomplissement et longue vie à Lasclay!


Plante l'asclépiade en premier plan, champ à l'arrière

Plant d'asclépiade

Qu’est-ce que l’asclépiade?

« Longtemps étiquetée comme une mauvaise herbe par les agriculteurs, l’asclépiade a été systématiquement éliminée des zones rurales dans les dernières décennies, menant ainsi à la disparition de près de 90 % des populations de papillons monarques, dont les jeunes plants d’asclépiades sont la seule source de nourriture au stade de chenille.

Cette plante à fleurs mauves a donc pu compter sur des campagnes de sensibilisation et de nombreux efforts de conservation (notamment de la Fondation David Suzuki). De plus, depuis environ 10 ans, des plantations commerciales d’asclépiades ont commencé à voir le jour lorsqu’on a constaté que la plante avait plus d’un tour dans son sac, notamment par la fibre de son fruit, qu’on appelle aussi soie d’Amérique. Résistante à l’eau, légère, chaude et imputrescible, elle ne fait pas partie de la diète des monarques et peut se récolter de manière responsable en toute fin de saison, à l’automne, alors que les monarques ont déjà pour la plupart migré vers le Sud », explique Gabriel.

« La récolte de soie d’asclépiades semble donc être une rare situation gagnant-gagnant d’exploitation de ressources naturelles : le monarque obtient des habitats et des sources de nourriture abondantes, exemptes d’insecticides, alors que nos mains sont au chaud comme jamais durant nos hivers nordiques. »

Catherine Dallaire

Conseillère en communication

Direction des communications et du développement institutionnel