Les suggestions de Martine - L’enfant qui mesurait le monde, Metin Arditi

Martine Dumais Les suggestions de lecture

Les bibliothèques vous présentent une série de lectures de la communauté du cégep. Martine Dumais est enseignante en histoire. 

Un enfant peut éduquer un village.

Couverture livre Enfant qui mesurait le monde

Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde, Grasset, 2016, 294 p.

(édition de poche en 2017 dans la collection Points)

Metin Arditi est un scientifique et un écrivain francophone d’origine turque. Il réside à Genève et possède une résidence secondaire en Grèce. Il connaît très bien le monde grec qu’il a choisi comme cadre de son roman. Dans cet espace où s’entrelacent les pouvoirs de la lumière et de la mer, sur une île, nous faisons la connaissance de trois personnages attachants : Elliot, un architecte américain retraité en deuil de sa fille; sa voisine, Maraki, humble pêcheure épuisée par le travail et par la vie; et l’enfant de cette dernière, Yannis, un enfant pas comme les autres, atteint du trouble du spectre de l’autisme. Yannis est passionné par les mathématiques et passe son temps à tout mesurer car pour lui les chiffres sont liés à l’harmonie du monde. Ces destins vont s’entrecroiser et grandir ensemble à travers une mission. Il s’agit à la fois d’accompagner cet enfant d’exception et de sauver l’île menacée par le développement touristique qui veut construire un hôtel de luxe, le Périclès Palace. Pourtant une alternative s’offre aux habitants, un projet plus en phase avec l’histoire et la culture grecque : ouvrir une école de philosophie. Dans cette Grèce hantée par la crise socio-économique du XXIe siècle, ce roman présente deux choix qui vont faire des vagues et la décision finale sera motivée par les regards tendres des insulaires posés sur Yannis.

Il faut bien comprendre que la Grèce est un autre personnage du roman, celle d’hier avec la mythologie, la beauté et la philosophie, mais aussi celle d’aujourd’hui avec ses défis politiques et socio-économiques, et même environnementaux. Au final, la communauté doit faire un choix pour l’avenir entre le désordre ou l’harmonie, afin d’être à même de statuer sur l’ordre du monde. C’est d’ailleurs ce que la fille d’Eliott lui avait laissé comme message dans un courriel : « Qu’est ce que la vie peut nous offrir de plus beau? Deux choses, je crois, totalement opposées. D’abord une énorme lucidité. D’un coup, ce que tu regardes est comme éclairé de mille projecteurs, tu comprends tout. Et puis le contraire absolu. La capacité de rêver, d’imaginer ce à quoi on n’oserait pas même penser. » (p.154)

Grâce à un enfant qui ne voit pas la vie comme les autres, qui sait percevoir souvent trop bien la juste mesure des choses et dont le regard sur un quotidien bien ordonné remettra en question bien des certitudes des adultes, le destin de l’île sera bouleversé. Un roman sensible doté d’une grande humanité, un texte beau et émouvant comme peut l’être la Grèce…  


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