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Michel-Alain Forgues

Michel-Alain Forgues enseigne à l’École de joaillerie de Québec depuis la naissance de celle-ci. Le maître-joaillier crée des œuvres qu’il ne désire pas nécessairement voir portées. C’est dans ce sens qu’il conçoit surtout des bijoux sculpturaux tridimensionnels que l’on peut observer en tous sens, de tous les côtés, et qui entraînent l’artiste dans une révolution intérieure.

 

Porter une broche ou des boucles d’oreilles de l’artiste, par exemple, devient une performance en soi, car l’œuvre s’anime et se crée définitivement.

 

Michel-Alain Forgues refuse la classification, la prison créatrice. La révolte le séduit puisque c’est d’elle que vient le changement, sa source de création. C’est à travers le grand désordre de formes, de textures, de couleurs et de reliefs actuels qu’il essaie d’articuler l’ordre naturel, le seul ordre parfait. Il ignore les tendances; Michel-Alain existe par ses bijoux, car ils sont sa parole.


Dominique Audette

Dominique Audette est largement influencée, depuis plusieurs années, par les divers courants artistiques du XXe siècle. Sa recherche formelle déconstruit les volumes et les surfaces d’objets existants et les retire de leur contexte, par l’abstraction plus ou moins importante d’éléments représentant la figuration. Son travail de recherche se poursuit à travers le dessin, lequel réintègre de nouveaux volumes et de nouvelles lignes à la composition. L’aspect graphique est d’ailleurs omniprésent dans sa démarche, résultat de cette exploration créative à l’origine de tout projet.

 

De ce processus, il résulte des formes parfois géométriques, parfois organiques. Sans jamais se confiner à un style particulier, chaque pièce est un voyage temporel dans l’esthétisme du XXe siècle. Chaque création est subjective, se référant souvent à la réalité, sans jamais vouloir la représenter fidèlement. L’objectif est de révéler l’essence d’un objet par son volume, sa forme, ses lignes, sa couleur ainsi que son fini.

 

Par ailleurs, l’intégration de la résine au métal permet à Dominique d’ajouter de la couleur et de la transparence à ses bijoux afin de rendre une vision inédite à la forme générale. Ce matériau léger permet également d’obtenir des volumes importants sans jamais alourdir l’ensemble de la pièce. Bien que ses bijoux soient de grande taille tels de véritables sculptures miniatures, Dominique se préoccupe de leur aspect ergonomique. Elle considère important qu’un bijou soit aussi confortable que solide, tant dans son aspect que dans sa confection.


Renée Mélançon

Native de la Rive-Sud (Québec), Renée Melançon a fait des études en architecture. Cela lui a permis de découvrir qu’elle était plus artistique qu’elle le pensait. Elle a donc poursuivi des études en Techniques de métiers d’art – option joaillerie, ici même à l’École de joaillerie de Québec. Une fois diplômée, afin de tâter le marché, Renée a travaillé dans plusieurs bijouteries de la région. L’enseignement fut pour elle une belle découverte en 2002, tellement qu’elle a, par la suite, complété un BAC en enseignement professionnel. Depuis toujours, elle aime travailler avec les gens et partager sa passion avec eux.

 

Renée s’inspire avant tout de LA LIGNE… Malgré toutes les recherches d’images, dans la majorité des cas, c’est la ligne qui s’impose comme point de départ de ses esquisses… Une simple ligne courbe, une texture, un détail dans l’image qui déclenche le processus. Évidemment, on perçoit un petit côté architectural dans ses créations. Osons appeler cela une déformation professionnelle!


Mathieu Roy

La gravure à l’acide est une technique de traitement de surface qui a fasciné Mathieu Roy dès l’apprentissage de celle-ci lors de sa formation. C’est la technique qu’il privilégie d’ailleurs dans la conception de la plupart de ses bijoux.

 

Même si certaines de ses créations sont plus délicates que d’autres, le résultat obtenu avec l’acide nitrique donne beaucoup de caractère à ses pièces, davantage aux pièces plus massives. Les lignes courbées se terminant en pointes – rappelant des formes tribales – viennent accentuer cet effet.

 

Les médiums utilisés sont principalement l’argent sterling oxydé ou l’or. L’utilisation des deux métaux dans un même bijou donne aussi un contraste très intéressant.

 

La collection de Mathieu comprend plusieurs pièces pour femmes, mais une grande place est attribuée à la clientèle masculine, qui est souvent négligée dans le bijou.


Mélanie Denis

« Je crée de l’antibijou. » De la part d’une artiste joaillière, la déclaration étonne. Pour Mélanie Denis, le bijou « anti » est plus qu’un élément de décoration corporelle : la bague, le collier, le bracelet, le pendentif doivent être en mesure de présenter une histoire qui leur appartient en propre et « exister de façon autonome en tant qu’objet d’art ».

 

Sans doute ce désir d’intégrer le bijou et l’objet d’art dans une même création lui vient de son parcours. Avant d’entamer une technique en joaillerie, Mélanie Denis a d’abord complété un DEC en arts plastiques et un baccalauréat en arts visuels. Puis, elle a enchaîné avec un certificat en enseignement des arts plastiques au niveau collégial. Elle crée ses collections dans son atelier situé à Québec, et ce, depuis maintenant 2008.

 

La démarche artistique de l’artiste joaillière tente d’arrimer à la fois l’univers sculptural du bijou et l’aspect bidimensionnel du dessin ou de la peinture. Le collage et l’incorporation de divers matériaux recyclés comme des éclats de verre d’un abribus, des hameçons rouillés ou de vieilles photographies composent ses pièces. Elle aime l’unicité que ces morceaux apportent à chaque création. Ainsi, plusieurs petits détails graphiques, souvent à observer de près, enrichissent chaque création pour lui conférer un caractère plus énigmatique.

 

Par ailleurs, le contraste de matières est omniprésent dans ses pièces. La fragilité et l’éphémérité des graphiques coulés sous une résine limpide s’opposent à l’effet déconstruit et industriel des masses métalliques et des pièces de béton présentes dans ses créations. L’idée ici est de négliger la matière, la briser, la tordre ou la froisser, évoquant le passage du temps sur le monde qui nous entoure. Cette distorsion faite à l’argent sterling vient aussi remettre en question l’idée que cette matière est noble et qu’elle doit être présentée dans une facture léchée et précieuse.