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Retracer l’histoire de sa famille, un projet des plus passionnants pour des finissants et des finissantes en Sciences humaines

Photos d'époque et livre sur table de bois

Plonger dans la généalogie de votre famille tout en faisant d’intéressants parallèles avec l’histoire du Québec vous intéresse-t-il? C’est ce qu’ont réalisé les finissants et les finissantes en Sciences humaines, profil Développement humain et société, dans le cadre de leur cours Naissance du Québec actuel. Un travail remarquable, encore plus dans le contexte du confinement auquel ils ont dû faire face pendant la réalisation de ce projet!

« L’idée est de leur faire vivre l’histoire du Québec à travers une quête, soit celle de leurs ancêtres. Les étudiants ont d’abord été initiés à la généalogie et aux archives. Ils ont ensuite eu à travailler l’aspect de l’histoire orale puisqu’une partie du travail consiste à enquêter sur des événements de l’histoire récente du Québec par le biais d’une entrevue. Par la suite, ils ont pu monter à leur façon leur portrait de famille. Au final, les étudiants perçoivent mieux le fait que leurs histoires personnelles sont forgées à partir de multiples influences (familiales, régionales, nationales, internationales), qu’ils sont le produit d’un contexte historique et que celui-ci est en perpétuel changement. Les résultats sont souvent spectaculaires. Des histoires familiales mises au service de la grande histoire! » précise Linda Frève, enseignante.

Quelques extraits de travaux réalisés par des finissants 

Extrait provenant du travail de Maé Bonnet

Présenté sous forme de site Web, un travail d’exception!

Maé Bonnet

Finissante en Sciences humaines

La réalisation de ce projet n'aurait pas été possible sans cet esprit de gratitude et de respect pour mes prédécesseurs qui a émergé de ces paroles de Gaston Miron : « Tous les pays qui n’ont plus de légendes seront condamnés à mourir de froid ». Cet hommage au passé et à la grandeur de l'histoire m'a beaucoup rappelé une femme honorable de ma famille. […] Mon arrière-grand-mère Louisette, que nous avons toujours la chance de côtoyer, est née le 4 décembre 1926 et s'est mariée avec Jacques Gavaud. À son époque, son gagne-pain consistait à faire des ménages pour des particuliers, puis elle s'est consacrée au foyer lorsque ses enfants sont nés. J'ai un respect particulièrement immense pour mon arrière-grand-mère : j'admire la vigueur avec laquelle elle vit encore, vivant dans sa maison et entretenant son jardin comme elle le peut (désormais âgée de 94 ans tout de même!). Provenant de la campagne française, elle a grandi sur une ferme et garde encore les valeurs traditionnelles d'antan. Femme extrêmement brillante et articulée, elle a écrit un essai sur la vie en campagne dans les années 1935 jusqu'en 1960.

Extrait provenant du travail de Juliette Laplante

Juliette Laplante

Finissante en Sciences humaines

Journal intime d’Angèle Bouchard (année 1914). Je me présente, mon nom est Angèle Bouchard, je suis une jeune fille habitant le Bas-Canada, plus précisément la ville de Montréal. […] Je ne suis âgée que de 12 ans, mais déjà la poursuite de l’égalité entre les hommes et les femmes est chose importante pour moi, je suis témoin quotidiennement de plusieurs injustes qui explique ma position. Avec ma mère, je suis attentivement la lutte au suffrage féminin et celle pour l’acquisition de différents droits pour les femmes au Bas-Canada. Je m’indigne déjà des inégalités qui m’entourent et de tout ce dont je suis témoin ou victime. Déjà, je n’ai pas accès à l’éducation de la même manière que les hommes, à la fin de ma septième année, les chances que je me dirige vers des études supérieures sont plutôt faibles, étant donné le manque de reconnaissance et l’accès difficile à celles-ci pour les femmes. Ce qui me fâche plus que tout c’est que tout comme il en a été le cas pour ma mère, lorsque j’atteindrai mes 21 ans, je ne crois pas que je pourrai voter, du moins pas si les choses restent comme elles sont. Le droit de suffrage n’est pas accordé aux femmes du Canada, d’ailleurs fait intéressant, un sondage mené par le Montréal Daily Star publié en 1912 montrait que seulement 11,8 % des répondants soutenaient le droit de vote accordé aux femmes. Rien n’est gagné, c’est pourquoi j’entame ce projet, j’écris ici pour me souvenir, pour ne pas oublier la lutte difficile que les femmes ont menée et celle que nous mènerons au cours de l’histoire.

Extrait provenant du travail de Juliette Samson

Juliette Samson

Finissante en Sciences humaines

Pour compléter cette partie du travail, j’ai fait appel à mon grand-père, Jacques, afin de discuter avec lui de la crise d’Octobre de 1970 et de la nature de ces événements selon lui. Il a commencé par me raconter qu’il avait vécu cette crise en deux dimensions, soit comme un jeune journaliste de 25 ans qui travaillait à l’édition au journal Le Soleil. Il était donc sur le terrain, mais il recevait les informations de ses confrères et il faisait la mise en page du journal du lendemain. Il était ainsi au cœur du renseignement, puisque tout arrivait sur son bureau. La deuxième dimension avec laquelle Jacques a dû vivre cette crise est celle d’un citoyen québécois ébranlé par tout ce qui arrivait dans son pays, m’explique-t-il. En tant que journaliste, mon grand-père parlait souvent d’actes terroristes qui arrivaient ailleurs dans le monde, mais cette fois, dit-il, c’était chez nous dans notre cour, une énorme différence.

Extrait provenant du travail de Jean-Alexandre Lamarre

Jean-Alexandre Lamarre

Finissant en Sciences humaines

S’il y a une chose de certaine avec la pandémie actuelle, c’est qu’elle va changer plusieurs aspects de notre vie, et ce, même après sa disparition. Cependant, ce n’est pas la première fois que le Québec est touché par une maladie de telle envergure. On peut penser à l’arrivée du choléra au début du 19e siècle ou à la grippe espagnole qui est arrivée suite à la Première Guerre mondiale. En examinant ces périodes et en les comparant avec notre situation actuelle, on remarque des ressemblances et des différences qui peuvent nous instruire afin d’éviter une catastrophe. […] Dans le cas de la grippe espagnole, elle est la première grande pandémie du 20e siècle. Les premiers signes de cette grippe apparaissent en 1918 dans un camp militaire au Kansas pour ensuite être transmis en Europe par les troupes américaines qui sont déportées pour combattre. Lorsqu’elle touche le Québec, le gouvernement lance des mesures préventives qui ressemblent beaucoup à aujourd’hui. Le port du masque est obligatoire, les malades sont en quarantaine, les lieux publics sont fermés et les rassemblements sont interdits.

Extrait provenant du travail de Philippe Tremblay

Philippe Tremblay

Finissant en Sciences humaines

Un fait marquant de la période allant de 1939 à 1945 fut le rationnement des denrées. Comme mère de neuf enfants, elle (mon arrière-grand-mère paternelle, Marie-Berthe Tremblay) a dû apprendre à se débrouiller avec peu de ressources. Ma grand-mère, l’été dernier, m’a montré un texte que sa mère, Marie-Berthe, avait écrit lors de la Seconde Guerre mondiale. En voici un court extrait : « La journée n’a pas été encore facile aujourd’hui. Je me suis levée à six heures du matin. Marcel avait mal aux dents. Puis, la journée a commencé et les enfants se sont levés l'un après l’autre. Je les ai habillés et j’ai fait à déjeuner. Ces temps-ci, il est difficile de s’approvisionner en nourriture. Arthur m’apporte des coupons, mais souvent les denrées ne sont pas disponibles au magasin général. C’est surtout le sucre qui est difficile à avoir. J’ai continué ma journée, j’ai fait des lavages et j’ai confectionné des pyjamas pour les deux petites dernières. Puis, déjà, le dîner est arrivé. Dans l’après-midi, je suis allée à l’étable soigner les animaux et j’ai travaillé aux alentours dans notre cour. Enfin, je suis revenue faire le souper. Les journées passent pis je ne les vois pas. Mes cousins sont partis à la guerre : on attend des nouvelles, mais c’est pas mal rare. Mon beau-frère Gilbert, lui, il s’est sauvé dans le bois au Lac des Îlets. Il est caché pour pas se faire envoyer à la guerre.

Arbre généalogique provenant du travail de Laurence Gagné

Mes arrières-grands-parents : René Gagné Niveau d’éducation primaire, Fernande Dufour École Normale Femme au foyer, Léopold Lévesque Niveau d’éducation primaire, Fernande Lowe École Normale Propriétaire d’un comptoir Sears et couturière, Paul-Henri Lacroix Niveau d’éducation primaire Vendeur de manteaux de fourrure, Cécile Bérubé Formation classique Propriétaire d’une école de langue, professeure, Pierre-Eugène Boivin Niveau d’éducation primaire Frigoriste, Cécile Harvey École Normale Couturière

Arbre généalogique provenant du travail de Laurence Gagné, finissante en Sciences humaines au Cégep Limoilou

Félicitations à tous les finissants et les finissantes pour les remarquables travaux remis dans le cadre du cours Naissance du Québec actuel!

Catherine Dallaire

Conseillère en communication

Direction des communications et secrétariat général