La Passion privée de Justine, Antoine et Jean-Christian

Dans le cadre du cours Naissance du Québec actuel, des étudiants et étudiantes  sont allés  au Musée national des beaux-arts du Québec pour visiter l’exposition Passion Privée : L’art moderne du Québec de la collection Pierre Lassonde. L’objectif était de les initier aux grands courants artistiques du Québec mais surtout de leur permettre de faire des liens entre les œuvres exposées et le contexte historique de production, ce qui les conduisit naturellement à appliquer autrement des notions apprises de façon plus formelle en classe.

À la fin de leur travail, il leur était demandé de cibler une seule œuvre qui les avait particulièrement inspirés et de rédiger un court paragraphe sur leur propre Passion privée. Cet exercice a donné lieu à des petits chefs-d’œuvre d’écriture. Voici donc, la Passion privée de Justine, d’Antoine et de Jean-Christian :

Oeuvre de Jean-Paul Lemieux Julie et l’univers

Œuvre de Justine

« Je peins parce que j´aime peindre. Je ne m´appuie sur aucune théorie. Dans les paysages et dans les personnages que je peins, j´ai tenté d´exprimer la solitude que nous vivons tous, et dans chaque tableau, l´univers intérieur de mes souvenirs. L´environnement extérieur ne m´intéresse que dans la mesure où il me fournit un prétexte pour peindre mon univers intérieur. »  (Jean Paul Lemieux, 1967)

L’œuvre de Jean-Paul Lemieux que j’ai choisie se nomme Julie et l’univers et a été réalisée en 1965, soit peu de temps après sa retraite de l’enseignement à l’École des beaux-arts de Québec. Ce qui accroche l’œil au premier abord, c’est sans doute le jeune personnage qui se situe au premier plan et qui déborde du cadre du tableau. Son apparence est simple et sans artifices, comme le reste du tableau d’ailleurs. Sa présence impose un regard franc à tous ceux qui voudront admirer l’œuvre. Derrière, il y a un paysage de neige plutôt désertique où une température froide, mais douce semble presque se dégager du tableau. Finalement, la ligne d’horizon légèrement tombante cause un effet de profondeur et d’immensité à la toile. Cette toile a attiré mon attention après un seul coup d’œil. Je retournais sans cesse vers elle et c’est pour cette raison que je l’ai choisie. Le temps s’arrête en la contemplant, il n’y a plus que le personnage et moi. C’est comme si l’on échangeait avec un simple regard et c’est ce qui me plait dans ce tableau. Le paysage hivernal qui s’étend à perte de vue, me rappelle mon milieu de vie, mon univers (ce qui fait notamment référence au titre choisi par l’auteur). Je ressens aussi un sentiment de solitude en contemplant ce tableau, mais dans un sens plus positif que négatif. Comme quoi dans la vie, il y a des moments où l’on doit s’arrêter afin d’être seul et pouvoir faire une introspection intérieure. On peut facilement s’identifier au personnage comme quoi Julie et l’univers pourrait facilement devenir Justine et l’univers. D’un côté plus esthétique, j’aime normalement davantage les tableaux plus réalistes. Toutefois, cette œuvre mise sur l’aspect minimal ce qui rend l’émotion encore plus forte et frappante selon moi.

Oeuvre de Jean McEwen (1923-1999)

Œuvre d’Antoine

Lors de ma visite au Musée National des Beaux-arts du Québec, j’ai eu l’occasion d’apprécier plusieurs œuvres, dont celle-ci de Jean McEwen (1923-1999). Cette toile, sans titre de 1960, peut paraître de prime abord simple. Pourtant, en s’y attardant, l’interprétation des traits permet de voir plus loin que les seuls tons de jaunes, bruns et rouges. Les dégradés de jaunes et la ligne centrale de brun évoquent chez moi l’image d’un livre. Cette pensée amène dans mon esprit le savoir et la connaissance. Dans ce tableau, les nuances de bruns parsemant la toile représenteraient des écritures impossibles à lire, donc le savoir hors de portée. Pourtant, on peut noter une tache rouge au centre droit de l’œuvre, comme cachée. N’étant pas nette, c’est comme si cette tache représentait le cœur du savoir que l’on désire cacher. Le cœur est emprisonné derrière les écritures qui sont indéchiffrables, puisqu’elles expriment des idées aux valeurs conservatrices et traditionnelles auxquelles on ne se reconnait pas et désire s’évader. Cette interprétation des traits de la toile peut être rattachée à la révolution tranquille, où chacun exprimait le besoin de changer de mœurs et où les valeurs traditionnelles étaient un symbole d’oppression. De plus, la date de la création de cette œuvre correspond à cette période. Le tableau a induit chez moi une impulsion avide de changement. En effet, la nuance de rouge m’a fait ressentir une chaleur, de l’espoir, quand je l’ai aperçue. Bref, pour moi, cette toile est un cri d’espoir et un présage de jours meilleurs.

Oeuvre de Jean-Paul Lemieux intitulée La Nuit de Québec Ouest

Œuvre de Jean-Christian

Pour ma passion privée, je choisis l’œuvre de Jean-Paul Lemieux intitulée La Nuit de Québec Ouest. Jean-Paul Lemieux est né à Québec en 1904. Il commence la peinture à l’âge de 10 ans. C’est en 1964 qu’il réalise cette œuvre. Principalement reconnu pour peindre des personnages, cette œuvre est centrée sur des bâtiments. Ce qui m’a frappé dans cette œuvre, c’est la tranquillité ressentie. On sent bien la représentation d’un soir tranquille d’hiver québécois. Le ciel clair, les maisons ordonnées et identiques avec la lumière rurale à l’horizon forment un bon mélange. J’ai eu le coup de cœur pour cette œuvre, car elle est extrêmement paisible et chaleureuse. Il n’y a pas beaucoup d’action, mais on peut se figurer que tout le monde est à l’intérieur. Lemieux a su peindre une tranquillité qu’on retrouve en quelque sorte sur les photos du temps des fêtes, mais sans lumières éclatantes. Mais la partie la plus attirante de cette œuvre est pour moi la clairette du ciel.

Sources des images

 


Linda Frève
Enseignante
Histoire
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