Connais-tu ton voisin?

Problématique

Les préjugés sont et seront toujours un problème de société. Par contre, ce n’est pas une raison pour renoncer à sensibiliser les enfants sur leur nature et leurs impacts.

Les préjugés, chez l’enfant, peuvent occasionner de lourds retards de développement social et intellectuel. Comme Jean Piaget l’affirme, la sixième année du primaire est l’âge où l’enfant commence à avoir une réflexion sur un sujet intangible, en autant qu’il ne le concerne. La grande transition entre l’enfance et l’adolescence commence aussi à ce moment, notamment avec le départ pour le secondaire. C’est pourquoi nous avons organisé un atelier de sensibilisation contre les préjugés en tout genre, qu'ils soient sexuels, physiques, socio-économiques ou culturels.

L'intervention

Bien souvent, des gens sont jugés, exclus et traités différemment à la suite d’une interprétation hâtive bien souvent incorrecte de la part de leurs pairs, ce qui peut ainsi causer bien des problèmes pour ces personnes ainsi que leur épanouissement au sein de notre société. Les enfants sont particulièrement sujets aux préjugés puisqu’ils sont en pleine période d’apprentissage. Les gens de leur entourage peuvent, sans s’en rendre compte, leur transférer des préjugés qui feront partie intégrante d’eux-mêmes toute leur vie. À cet âge, les enfants ne se rendent bien souvent pas compte de l’implication que les préjugés peuvent avoir sur eux-mêmes ainsi que sur les personnes visées. Ce problème s’avère être d’une importance capitale pour notre société puisque ces jeunes gens risquent de conserver ces mauvaises habitudes et ces jugements préconçus lors de leur passage à l’âge adulte et ainsi nuire à la vie en société. Notre équipe a décidé d’intervenir auprès d’une classe de sixième année du primaire, à l’école de l’Île d’Orléans à Saint-Laurent, afin d’effectuer un atelier interactif touchant à plusieurs disciplines des sciences humaines, tels que la sociologie, la psychologie, l’histoire, la politique et l’anthropologie. Cet atelier visait à cerner les conséquences néfastes qu’ont les préjugés au sein de notre société.

Pour ce faire, nous avons commencé par aborder toutes les conséquences néfastes pour la victime. Ces conséquences psychosociales ont été expliquées comme ayant des impacts néfastes, autant sur le présent que sur le futur. Plus particulièrement, le concept de la prophétie autoréalisatrice, qui explique comment un comportement finit par correspondre aux attentes. Nous avons aussi expliqué pourquoi et comment les personnes forgent leurs préjugés, en mettant l’accent subtil sur une méconnaissance du monde et de son histoire. Nous avons aussi montré que leurs propres perceptions automatiques et inconscientes des autres peuvent être infondées et que les différentes caractéristiques visées habituellement par les préjugés sont très souvent le fruit du hasard. Tout au long de l’atelier, nous avons mis les enfants en situations afin d’éviter de rappeler des préjugés déjà existants et ainsi risquer de les renforcer. Finalement, nous avons préconisé des exemples de personnes célèbres, ayant contré les préjugés à leur égard pour réussir là où ils le voulaient.

Nous espérons ainsi qu’ils ont pu prendre conscience de la véritable nature infondée des préjugés afin qu’ils puissent développer eux-mêmes l’aptitude à passer outre leurs premiers jugements et voir au-delà, et que cela leur permettra d’améliorer leurs rapports sociaux ainsi que ceux des personnes qu’ils côtoieront lors de leur vie.

Résultats

Nous pouvons affirmer que nos objectifs ont été atteints. Grâce aux rétroactions des élèves, nous croyons les avoir amenés à considérer les multiples causes et conséquences sur un individu ou un groupe d’individu, à savoir reconnaître les différents types de préjugés possibles et à comprendre que la victimisation est le simple fruit du hasard. D’ailleurs, la majorité des élèves ont affirmé que notre intervention leur a permis d’améliorer leurs communications interpersonnelles.

Bien que nous étions perplexes concernant l’utilité tangible de notre atelier, nous avons été agréablement surpris de constater la réceptivité des élèves de cette classe, favorisant grandement la réussite de notre atelier et leur réponse plus que satisfaisante. De façon rétroactive, nous considérons que notre approche favorisant la mise en situation objective et visant à éviter d’aborder tous préjugés spécifiques déjà populaires fut très utile. Effectivement, sans parler de leur environnement familial, un des élèves était quelque peu différent et un propos maladroit de notre part ou engendré par une de nos interactions aurait facilement pu avoir l’effet contraire désiré. L’orientation interactive de l’atelier fut aussi visiblement bénéfique, puisque les élèves ont pu intégrer plus efficacement nos notions, tout en s’amusant. Ils nous ont justement fait part de leur plaisir lors des activités et de leur compréhension des concepts abordés.

La sensibilisation est la voie pour réellement réduire les préjugés chez nos jeunes. Chacun doit faire un effort individuel pour parvenir à une réduction de ces idées préconçues.


Jérôme Fortin, Gaëlle Deslauriers-Danjou, Nicolas Labbé et Nicolas Poulin-Goyette
Étudiants
Sciences humaines
Dans le cadre du cours Démarche d'intégration des acquis en Sciences humaines
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