0 calorie, mais à quel prix?

Boissons gazeuses

L’aspartame est un additif alimentaire artificiel qui est la source d’un conflit occidental perpétuel opposant les fervents consommateurs de produits artificiellement sucrés et ceux qui croient que son utilisation est dangereuse. Cette problématique est importante puisque l’aspartame envahit nos régimes alimentaires, et parfois même à notre insu. Il faut savoir que l’aspartame est le fruit d’une expérience chimique qui est à la base d’un conflit entre le capitalisme et la santé. En effet, pour comprendre ses effets sur la santé, il est important de comprendre son interaction avec le corps humain. Cet édulcorant qu’est l’aspartame fait l’objet de plusieurs recherches ayant pour but de démontrer les bons et les mauvais côtés de son utilisation.

L’aspartame dans notre quotidien

On retrouve l’aspartame (L-a-aspartylL-phénylalanine méthyle ester), codé E951, dans plus de 6 000 produits alimentaires et 500 médicaments commercialisés à travers le monde. Cet additif alimentaire est particulièrement présent dans les boissons gazeuses, les boissons non alcoolisées en poudre, les gommes à mâcher, les bonbons, les préparations pour desserts, les poudings, les desserts glacés, les yogourts, les édulcorants de tables et dans certains produits pharmaceutiques, tels que les vitamines et les pastilles contre la toux sans sucre. Il est important d’indiquer la présence de l’aspartame sur la liste des ingrédients des étiquettes alimentaires afin que les consommateurs soient conscients de ce qu’ils consomment. L’aspartame, utilisé pour remplacer le sucre et qui est très peu calorique, est très populaire de nos jours puisque nous vivons dans une société axée sur l’apparence et le bien paraître. C’est pour cette raison que les aliments sans calories sont favorisés puisqu’ils n’entraînent pas de gain de poids.

La source de la controverse

C’est en faisant des recherches sur un médicament contre les ulcères, en 1965, que le chimiste James Schlatter a fait la découverte accidentelle de l’aspartame, cette substance exempte de calories. La découverte de M. Schlatter, travaillant pour la compagnie pharmaceutique Searle, a mis la puce à l’oreille à ses dirigeants qui ont vu un immense revenu potentiel face à la commercialisation de ce produit. À la suite de la demande de mise sur le marché en 1974, la FDA (Food and Drug Administration), qui s’occupe entre autres de l’autorisation des aliments aux États-Unis, a accepté l’utilisation de l’aspartame pour les produits secs et a décidé de créer un groupe de travail chargé d’étudier les études de Searle concernant les effets de leur découverte sur le corps. Les quelque 500 pages de ce rapport rapportent que les études effectuées par la compagnie mère de l’aspartame ont été prises à la légère puisqu’elles comportaient des lacunes comme le retrait de cobayes au cours d’une étude afin de diminuer le taux d’individus atteints. Ensuite, soit en 1997,  la FDA a interdit l’aspartame sur le marché. N’ayant pas baissé les bras, Searle garde espoir et engage, en 1997, M. Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’État à la défense, pour ses capacités à exercer des pressions pour que ses idées soient prises en considération. En effet, ayant travaillé de connivence avec les hauts placés, il avait énormément de contacts à Washington, ce qui était un atout pour Searle. Entre temps, deux évènements importants se passeront. Premièrement, la FDA rendra un nouveau rapport interdisant l’utilisation de l’aspartame puisqu’il leur était impossible de prouver que son utilisation était sans risque pour la santé. Deuxièmement, Ronald Reagan est élu président des États-Unis en 1980 et doit, dans les règles de l’art, déléguer une nouvelle équipe de transition qui s’occupera de nommer les nouveaux directeurs et hauts fonctionnaires de Washington. Dans cette équipe de transition, on y retrouve le PDG de Searle, M.Rumsfeld qui s’occupera personnellement de changer le patron de la FDA pour un homme plus proche de sa vision des choses. Suite à ces changements, l’aspartame est à nouveau autorisé dans les produits secs et le sera dans tous les autres produits, tels que les boissons deux ans plus tard. Par la suite, la JECFA, qui est un comité mixte d’experts chargés d’étudier et de juger les additifs alimentaires, suivra la trace de la FDA et autorisera l’utilisation de l’aspartame dans les produits commerciaux, en imposant une dose journalière admissible (DJA) de 40 MG pour 1 kg de masse corporelle. Cette dose journalière, étant basée sur les mêmes études que la FDA, diffère étrangement de celle de la FDA qui impose une DJA de 50 mg par 1 kg de masse corporelle. Cela indique une sérieuse incohérence. Searle sera racheté par Monsanto (groupe dirigeant mondial des OGM) pour être par la suite revendu en plusieurs parts. Cela étant dit, depuis environ 30 ans, l’aspartame est majoritairement utilisé inconsciemment par des gens qui, sans le savoir, devraient respecter une dose journalière basée sur des études qui n’ont pas été rendues publiques et qui comportent des lacunes majeures. 2,10, 11

Molécules d'aspartame

C’est pas d’la magie c’est d’la chimie!

La majorité des gens sont au courant que l’aspartame est un bon moyen pour remplacer le sucre puisqu’il est sans calorie et environ 180 fois plus sucré, mais personne ne prend le temps de se questionner sur l’effet qu’il a sur le corps. L’aspartame est une substance ingérée qui se dégrade en trois différents produits chimiques lors de son passage de l’intestin grêle au système sanguin circulatoire. L’aspartame a pour effet d’agir comme neurotransmetteur dans le cerveau, donc de faciliter la transmission des informations d’un neurone à un autre. Par contre, bien que cette substance puisse être bénéfique, un surplus excessif d’aspartame peut également être nuisible pour les neurones. Un taux démesurément élevé d’aspartame entraîne une entrée excessive de calcium dans les cellules et ceci déclenche des radicaux libres qui détruisent les cellules. Il est également important de prendre chacun des trois produits chimiques séparément et de comprendre leur mécanisme de réaction suite à l’ingestion. Tout d’abord, il y l’aspartate qui compose 40 % de l’aspartame. L’aspartate est l’acide aminé qui tue les cellules neurologiques du cerveau. C’est également une dose quotidienne excessive de cette substance qui peut entraîner la perte de mémoire ainsi que des maladies neurologiques, telles que l’Alzheimer et le Parkinson. Il y a également la phénylalanine qui compose 50 % de l’aspartame. La phénylalanine, quant à elle, est un acide aminé qui est naturellement existant dans le cerveau. Lorsque la dose de ce produit chimique est très élevée, cela peut entraîner une diminution du taux de sérotonine qui est l’hormone cérébrale qui permet la stabilité de l’humeur des gens. Une chute de cette hormone peut donc provoquer des troubles émotionnels comme la dépression ou une attaque épileptique. Le méthanol est le troisième produit chimique de l’aspartame. Bien qu’il compose uniquement 10 % de l’aspartame, il s’agit d’une substance toxique. Une fois dans l’intestin grêle, le méthanol est transformé en acide formique et en formaldéhyde qui sont des neurotoxines mortelles. Il s’agit de substances qui sont très lentes à éliminer, donc elles ont entièrement le temps de réagir avec l’organisme et de le détruire. 6,7

Les deux côtés de la médaille

L’aspartame peut avoir plusieurs avantages pour certains, mais il est important de se pencher aussi sur ses inconvénients, donc de regarder les pour et les contre. Cet additif alimentaire remplace le sucre dans de nombreuses denrées en conservant le goût sucré recherché, mais il comporte la caractéristique de ne fournir aucune calorie en plus. L’aspartame a aussi une capacité à développer et à intensifier davantage les saveurs comparativement au sucre. Par exemple, une gomme édulcorée à l’aspartame gardera son goût sucré quatre fois plus longtemps qu’une gomme édulcorée au sucre. L’aspartame a l’avantage de ne pas favoriser les caries. De plus, il permet aux consommateurs de mieux contrôler leurs apports en calories et ainsi de gérer leur poids tout en conservant le plaisir de manger « sucré ». D’autre part, l’aspartame est l’ingrédient adapté pour les diabétiques. En effet, les édulcorants ont permis aux diabétiques d’avoir un régime alimentaire moins restreint. En effet, puisque cette maladie se manifeste par une mauvaise gestion du taux de sucre dans l’organisme, l’aspartame prendra son sens dans ce régime puisqu’il n’influencera pas leur glycémie. Pour ce qui est des inconvénients, le corps ne reconnaît pas la molécule d’aspartame comme un nutriment. En effet, il la considère comme étant une molécule vide, donc il ne l’utilise pas comme un apport énergétique. De plus, les édulcorants peuvent être à l’origine de comportements alimentaires inappropriés puisque sachant que les produits sont édulcorés (crèmes, desserts, biscuits, etc.), on peut être tenté d’en consommer davantage. Ainsi, cela peut créer une dépendance puisque les papilles gustatives détectent un goût sucré alors que le cerveau ne reçoit pas le signal que le désir est comblé. Une dose trop élevée d’aliments contenant cet additif alimentaire pourrait avoir un effet contraire à celui désiré, soit la prise de poids. En plus des maux (mal de ventre) et des maladies dégénératives que l’aspartame peut entraîner, certaines personnes sont plus sensibles à l’utilisation de cet additif alimentaire. Cela signifie que même la consommation d’une faible quantité peut entraîner des effets négatifs tels que les maux de tête suite à l’utilisation de la gomme à mâcher.   Finalement, pour chaque aspect mentionné, les effets peuvent varier d’un individu à l’autre puisque cela dépend du fonctionnement de l’organisme de chacun et de la quantité consommée. En effet, si l’aspartame est consommé avec modération, cela réduit la vulnérabilité du consommateur aux effets négatifs.8,9


Consulter la fiche bibliographique
  1. Centre d’information sur l’aspartame (2014). Avantages. Repéré à http://www.aspartame-info.fr/avantages.html
  2. Regard sur le monde.(N.D.).(2011). Le coca light m’a tué: dangers de l’aspartame. (Vidéo en ligne). Repéré à http://www.regardsurlemonde.fr/blog/histoire-de-laspartame-histoire-dun-poison 
  3. L’édifiante histoire de la mise sur le marché de l’Aspartame (2011). Repéré à http://www.regardsurlemonde.fr/blog/histoire-de-laspartame-histoire-dun-poison 
  4. Edulco (N.D.). L’aspartame: Le point en 4 questions. Repéré à http://www.edulco.fr/dossier-aspartam/composition-chimique/
  5. Ligne en ligne (2013). L’aspartame. Repéré à https://www.ligne-en-ligne.com/articles/aspatarme
  6. Dossier "Édulcorants de Synthèse", L’amère vérité sur l’aspartame. (1995). Repéré à http://www.earthrainbownetwork.com/AspartameTruth.htm
  7. LucieEsteoule, Benoît Grosjean, Olivier Nguyen et Elsa Perrin. (2014). L’aspartame, un édulcorant controversé. Repéré à http://culturesciences.chimie.ens.fr/content/laspartame-un-%C3%A9dulcorant-controvers%C3%A9
  8. L’équipe Ligne en Ligne. (2013). L’aspartame. Repéré à https://www.ligne-en-ligne.com/articles/aspatarme
  9. Guide Ressources. (1999). L’aspartame: méchant, méchant. Repéré à http://www.aliv-e.com/fr/education/articles/addi1.asp
  10. Greenfacts (2014). Aspartame. Repéré à http://www.greenfacts.org/fr/aspartame/n-2/aspartame-1.htm#1
  11. Regard sur le monde (2011). L’édifiante histoire de la mise sur le marché de l’aspartame. Repéré à http://www.regardsurlemonde.fr/blog/histoire-de-laspartame-histoire-dun-poison

Gayle Brisson, Laurie Duchesne, Catherine Gélinas, Catherine Maheux-Rochette
Étudiantes
Chimie
comments powered by Disqus