Être étudiant vaut toujours mieux qu’être touriste

Alicia Angel-Despins en stage à Salamanca

Le 17 juin dernier, seulement la moitié des 32 participants du stage à Salamanca revinrent à Québec après trois semaines passées en Espagne à perfectionner (ou apprendre) l'espagnol, à découvrir une nouvelle culture et à vivre une expérience unique dans le cadre d'une opportunité qui ne se présente pas souvent dans une vie. Les autres, grands voyageurs qu'ils sont, ont maximisé l'opportunité en prolongeant leur voyage en Europe. Et certains, pour même plus d'un mois. Comme on dit : tant qu'à y être!

Pour ma part, à mon grand mécontentement, je suis revenue avec le groupe. Bien évidemment, j'aurai voulu prolonger mon voyage mais ce sera pour une autre fois. Pour l'instant, je savoure encore la belle expérience que j'ai vécue durant mon stage universitaire à Salamanca ainsi que les minis-voyages que je me suis offert durant les fins de semaines. 

En me rendant à Salamanca, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Je me disais que ça ressemblerait fort probablement à mon échange linguistique de deux mois à Chapala au Mexique : famille typique hispanique, bonne bouffe épicée, nouveaux amis du coin, école "obligatoire" mais plutôt facultative et beaux paysages. Les beaux paysages j'en ai vu une tonne, mais pour tout le reste, je me suis trompée sur toute la ligne ! 

En ce qui concerne la famille, j'ai rapidement découvert que je ne pourrai pas vraiment profiter de beaux repas familiaux car la dame qui m’hébergeait en faisait son métier comme beaucoup d'autres quinquagénaires et sexagénaires de la petite ville. Celestina a hébergé, durant mon séjour, un total de cinq autres étudiants étrangers. J'étais bien heureuse d'être la seule à profiter d'une chambre à moi toute seule, toutefois, pour les repas, je me suis rabattue sur les restaurants du coin. Je crois qu'elle pensait bien faire en essayant d'adapter sa cuisine à nous nord-américains (frites, hamburgers, chicken nuggets, etc.) mais ce n'est pas exactement ce que j’espérais manger à l’étranger!

 Pieuvre grillée arrosée légèrement d'huile d'olive et d'ail, accompagnée d'une purée de patates et de brocolis à la vapeur al dente

Mais même dans les restaurants, j'ai été légèrement déçue des plats typiques : trois crevettes dans la paella, des tapas au pain (crise économique direz-vous ?) et que du jambon partout ! Et rien d'épicé. Nada. J’ai appris assez rapidement que les Espagnols haïssent le piquant autant que moi je l'aime! Décidément, la meilleure nourriture que j'ai mangée lors de mon voyage ne fut pas en Espagne mais plutôt au Portugal lors de mes trois derniers jours de voyage que j’ai passés à Lisbonne, Carcais et Obidos. Pieuvre grillée arrosée légèrement d'huile d'olive et d'ail, accompagnée d'une purée de patates et de brocolis à la vapeur al dente. C'était, et de loin, le repas le plus succulent de mon existence.

En ce qui trait aux amis, les seuls que j’ai rencontrés étaient étrangers… Je m’attendais à m’asseoir sur les bancs d’école en compagnie d’au moins quelques étudiants du coin, mais non, l’Université de Salamanca est une université octo-centenaire qui réputée pour le nombre impressionnant d’étudiants étrangers qu’elle accueille par année (ainsi que pour le bel arbre que Christophe Colomb à rapporté d’Amérique lors d’un de ses voyages). Ce n’est donc pas très étonnant que tous les élèves de ma classe étaient québécois ou américains.

Si vous vous demandez à quoi ressemblaient les classes d’espagnol et bien imaginez-vous un cours de grammaire française au secondaire… mais en espagnol. Beaucoup de grammaire sauf pour le dernier des trois cours de la journée qui était au choix : littérature, conversation, histoire du monde arabe en Espagne, etc. J’ai choisi le dernier. Un cours d’histoire entièrement donné en espagnol qui s’est avéré très intéressant surtout lors de mon séjour à Grenade ; ancienne capitale du dernier royaume musulman de la péninsule ibérique. Tous les cours étaient obligatoires car ma présence était exigée afin de me faire accorder une belle bourse du ministère de l'Éducation. Je me suis donc bien efforcée de me réveiller chaque matin à 8h, sans faute.

En bref, il faut dire que la morale de cette histoire est que visiter l’Espagne est une chose mais étudier à l’université en Espagne et vivre le quotidien normal d’une ville en est toute une autre. Ce n’est plus seulement les lieux touristiques que l’on visite, c’est la culture qu’ont découvre et les gens que l’on rencontre. Un touriste à Grenade ira probablement visiter la Alhambra, un fort construit en 889 puis converti en palais en 1333, mais il ne finira probablement pas sa soirée à marcher dans le quartier arabe pour aller rejoindre des amis dans un restaurant surplombant la ville. Ce même touriste baragouinera peut-être un peu d’espagnol à la fin de son voyage grâce à son mini-guide de voyage mais il n’aura pas l’occasion de pratiquer pleinement dans le cadre de ses cours de conversation. Bref, vaut mieux être étudiant que touriste et c’est exactement ce que le Bureau international du Cégep m’a offert cet été.


Alicia Angel-Despins
Étudiante
Enjeux internationaux et langues
Alicia Angel-Despins entame sa troisième année dans le Double DEC profil Enjeux Internationaux et Langues. Secrétaire aux comités et programmes de l'AGEECL, elle est également très impliquée comme journaliste et comme responsable de la publicité dans le journal étudiant Le Phoque. Ses études l'ont notamment amené à voyager en Espagne, au Portugal et au Mexique.
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