Les suggestions de Pascal, lecteur en série : Pascal présente Sous le règne de Bone de Russel Banks

Pascal Riverin

L'équipe des bibliothèques a proposé un défi de lecture à Pascal Riverin, conseiller pédagogique à la valorisation de la langue. Au cours de l'année scolaire 2016-2017, Pascal devra lire 8 livres qu'il présentera tour à tour.

Le défi fut accepté!

Une fois par mois, et ce jusqu'au mois de mai, les commentaires de lecture de Pascal seront publiés sur différentes plateformes et réseaux sociaux. Vous aurez ainsi le loisir de suivre la progression de son défi et, pourquoi pas, lui faire parvenir vos commentaires et vos encouragements.

Consultez la page Facebook des bibliothèques pour ne rien manquer. Rendez-vous dans l'une ou l'autre des bibliothèques du Cégep (campus de Québec ou campus de Charlesbourg) pour emprunter les suggestions de lecture de Pascal.

Pascal présente Sous le règne de Bone de Russel Banks

« Je remarquais à quel point j’étais différent de ce que j’étais un peu moins d’un an auparavant. À plein d’égards, bien sûr, je restais le même mais les changements étaient quand même étonnants. Surtout j’espérais qu’ils seraient permanents parce que quelle que soit la façon dont les choses tourneraient, je ne voulais jamais redevenir ce gamin triste et complètement paumé que j’étais encore un an plus tôt» (p. 404).

Sous le règne de Bone, traduction (un peu trop française à mon gout) d’un roman de l’auteur américain Russel Banks publié en 1995, s’inscrit dans le genre des romans d’apprentissage, où le lecteur suit les transformations psychologiques d’un personnage adolescent. La narration à la première personne du personnage principal, Chappie dit « Bone », 14 ans, est crue, rythmée, souvent naïve, et n’est pas sans rappeler celle d’Holden dans L’attrape-cœurs de J. D. Salinger.

Dans la première partie du roman, Bone raconte ses difficultés familiales et scolaires qui le poussent à vivre sans domicile fixe en consommant et revendant de la marijuana. Il fera face à la dureté humaine avec résilience et compassion, ce qui fait qu’on s’attache rapidement au narrateur. Dans ses périples, Bone rencontrera I-Man, un quinquagénaire rastafari qui jouera le rôle d’un mentor et d’une première figure paternelle à laquelle il saura faire confiance. Avec lui, dans un second temps, Bone fuira l’Amérique vers la Jamaïque, où il sera là encore confronté à la violence du milieu de la drogue.

« J’étais déjà tombé dans ma courte de vie sur un tas de gens qui n’avaient pas grand-chose de bon, ou du moins c’était ce qu’il me semblait, et j’espérais que ça n’allait pas continuer comme ça jusqu’au bout même si j’étais désormais mieux équipé qu’auparavant pour les affronter » (p. 419).

Le défi était de taille pour l’auteur, car les thèmes abordés ne sont pas des plus faciles : trafic et consommation de drogues, abus, sexualité, violence, racisme. Mais il réussit, à travers les yeux et la bouche de Bone, à les aborder explicitement et réalistement (vous êtes prévenus!) sans pour autant entrer dans la vulgarité et le mauvais gout. Le lecteur pardonnera quelques inégalités dans le rythme, voire quelques longueurs, et il appréciera l’accent mis sur le développement psychologique universel de l’adolescent, ce qui fait qu’on oublie rapidement les références mineures aux années 1990.

 


Bibliothèques
comments powered by Disqus